Conférence Catholique des Baptisé-e-s Francophones
Pape François « Ce n’est pas le pasteur qui doit dire au laïc ce qu’il doit faire et dire, il le sait bien et mieux que nous. »  (Lettre au Cardinal Marc Ouellet, avril 2016)

LETTRE D'INFORMATION N° 6SEPTEMBRE 2016

LE TEMPS DES BAPTISÉS - Initiatives d'avenir

Promouvoir l'esprit de responsabilité de tous les baptisés, telle est la vocation de la Conférence Catholique des Baptisé-e-s Francophones. La conférence-débat qu’elle organise chaque année en est l’une des expressions les plus visibles. Cette année, la CCBF demande : le temps des baptisés est-il advenu ?

Pour répondre à cette question, elle invite Monseigneur Albert Rouet, archevêque émérite de Poitiers, qui avait développé dans son diocèse une importante revitalisation des communautés paroissiales de laïcs, originale et ouverte sur l’avenir. Il débattra avec Dominique Quinio, ancienne rédactrice en chef de La Croix et depuis juin 2016 présidente des Semaines Sociales.

Enfin, la CCBF appelle dans ce débat quatre témoignages, quatre initiatives d’avenir. Il s’agit de : Christian et Nathalie Mignonat, auditeurs au Synode de 2015, animateurs de Reliance autour des divorcés-remariés. Agnès Charlemagne, à partir de son livre « T’es où ? », une autre façon de transmettre et de parler de Dieu avec les adolescents. Sylvie Tamarelle : Participante à l’École de la prédication de l’Alliance saint Dominique et la CCBF. Monsieur et Madame Castan qui, dans le cadre de leur association « Le pont », à Paris, offrent un accueil de migrants et des ateliers pour personnes en difficulté.

« LE TEMPS DES BAPTISÉS - Initiatives d'avenir »
Samedi 1er octobre 2016, 14h, Centre Sèvres, 35 bis, rue de Sèvres, Paris, entrée 15€
REJOINDRE LA CCBF

« Amoris Laetitia » : vers la mise en actes

Dès avant la première session du Synode sur la famille, en 2014, et jusqu'à la conclusion de la deuxième session en octobre 2015, la Conférence a contribué activement et de multiples manières à tous les sujets débattus au Synode. Depuis la publication en avril 2016 de l'exhortation apostolique post-synodale « Amoris Laetitia » sur l'amour dans la famille, le débat continue à la Conférence : il s'agit désormais de mettre en actes ce texte de François, et de contribuer à la réintégration complète des divorcés-remariés dans l'Église. Ce débat donne lieu à de nombreux articles publiés sur le site de la Conférence : ici ou , ou ici ou , ou encore ici, ou ici ou .

Dans l'un de ces articles, Anne Soupa, présidente de la Conférence, attire l'attention sur un texte de Jean-Paul Vesco, évêque d'Oran (Jean-Paul Vesco est le lauréat du prix littéraire de la Conférence en 2015 pour son livre « Tout amour véritable est indissoluble »). Dans ce texte, publié par la revue Concilium, Jean-Paul Vesco souligne que François fait d'abord œuvre de tradition en rappelant l'indissolubilité du mariage chrétien, pour apporter ensuite un élément totalement novateur : la prise en compte « du caractère irréversible de situations matrimoniales et familiales qui ne permettent pas d’agir différemment et de prendre d’autres décisions sans une nouvelle faute ». Ainsi, dès lors « que personne ne peut être condamné pour toujours parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile », explique-t-il encore, le « caractère irréversible d’une situation ne peut plus être de facto un obstacle définitif au sacrement de réconciliation ».

Le pape François, poursuit Mgr Vesco, réaffirme que l’Église « n’est pas d’abord doctrinale et cela change beaucoup dans son rapport au monde. Il appelle à une révolution du regard et nous invite à porter le regard que Jésus posait sur les personnes qu’il rencontrait. [...] C’est aussi simple que cela. Et aussi exigeant ». Dans un autre article, Mgr Vesco conclut : « Au terme d'un tel cheminement, le prêtre que je suis, et pas seulement l'évêque, se sentira autorisé à donner en conscience le sacrement de réconciliation à des personnes qui seraient dans une situation matrimoniale objectivement “irrégulière” devenue définitive mais qui en appelleraient en vérité à la miséricorde de Dieu qui seule nous relève et nous sauve ».

Le débat est vif sur la page Facebook de la Conférence !

La page Facebook de la Conférence (déjà présentée dans la lettre d'information n° 5, mars 2016) est désormais le lieu qui incarne de la façon la plus vive l'espace de dialogue et de débat que la Conférence veut être. À titre d'exemple, un sujet particulièrement « chaud » a alimenté plusieurs débats parmi ceux qui ont pris place sur cette page Facebook au cours du mois de septembre 2016 : les débats autour d'« Histoire d'un silence », le livre d'Isabelle de Gaulmyn, journaliste à « La Croix », publié début septembre.

Isabelle de Gaulmyn relate dans ce livre son enquête minutieuse sur les faits de pédophilie dont est accusé le père Bernard Preynat, du diocèse de Lyon. Elle adopte courageusement le ton du témoin qu'elle a été, et elle écrit : « Pendant vingt-cinq ans, nous avons tous préféré nous taire. Nous sommes tous entrés dans ce cercle du silence, n’avons pas osé briser ce secret, par peur du scandale, par conformisme, par ignorance. L’incroyable impunité dont a bénéficié le père Preynat est le fait des évêques. Mais le silence est celui de toute une communauté ».

Les entretiens d'Isabelle de Gaulmyn avec divers organes de presse sur ce sujet, et la sortie de son livre, ont fait l'objet de plusieurs publications sur la page Facebook de la Conférence. Chaque fois, des commentaires ont suivi rapidement, approbateurs ou tendant vers le déni : l'entretien d'Isabelle de Gaulmyn avec l'« Obs », publié le 6 septembre sur la page Facebook, a même déclenché une véritable avalanche de réactions !

Bien d'autres sujets ont fait l'objet de publications, puis de réactions, sur la page Facebook de la Conférence en septembre 2016 : la rencontre inter-religieuse mondiale d'Assise, le discours du pape François lors de la cérémonie conclusive de la Journée mondiale de prière pour la paix, l'invitation que le pape fait aux évêques de « toujours privilégier la qualité des vocations avant leur quantité » et de se méfier des « séminaristes et prêtres rigides », l'hommage du pape au Père Jacques Hamel assassiné le 26 juillet, l'appel aux témoignages sur la fraternité lancé par la Conférence, etc. Sur cette page Facebook, devenue un incontournable porte voix pour le débat dans la communauté des catholiques francophones, la foule des intervenants dépasse désormais très largement l'ensemble des membres ou sympathisants de la Conférence.

Et dans le réseau de la Conférence, l'avenir encore !

Entre 2016 et 2030, le paysage de nos diocèses aura profondément évolué. Le nombre de prêtres aura sensiblement diminué, entraînant une modification radicale de la manière de conduire les pastorales diocésaines. Dans le même temps, la société civile poursuivra sa mutation face aux questions liées à l’écologie, à l’économie, à l’éthique, à la vie ensemble. À l’horizon 2030, l'organisation de notre Eglise devra être adaptée aux réalités et besoins nouveaux de la société. Cette mutation inévitable ne pourra se réaliser sans l’adhésion de tous, clercs comme laïcs. Or, les questions que cela soulève sont rarement débattues en Église.

Pour réfléchir à ces questions dans la pluralité des spiritualités et des sensibilités, le groupe de la Conférence Catholique des Baptisés de Lyon et d'autres associations organisent ensemble les 26 et 27 novembre 2016, à Lyon, le colloque « ÉGLISE 2030 - Quel(s) visage(s) ? ». Des conférences, tables rondes et ateliers permettront d’échanger, de comprendre et de proposer. Ce colloque permettra de susciter d’autres débats et réflexions dans les paroisses et les doyennés, et au sein des mouvements et associations.

Autres actions de la Conférence

• Qui ne s’est dit, une fois ou l’autre, en écoutant une homélie un peu rébarbative ou à côté de la plaque : « Moi, j’aurais eu des choses à dire ! ». L'Alliance Saint Dominique, avec la Conférence Catholique des Baptisé-e-s Francophones, le Centre Porte Haute (Mulhouse), et la Faculté de Théologie de l’Institut Catholique de Lille, invite à suivre une « école de la prédication ». En 2016-2017, deux sessions sont prévues, l'une à Paris, l'autre à Strasbourg. Chaque session consiste en un parcours sur quatre week-ends, du samedi matin au dimanche après-midi. Le calendrier 2016-2017 de l'école de la prédication est désormais fixé. Le premier week-end de la session de Strasbourg aura lieu les 5 et 6 novembre 2016 : il est encore temps de s'inscrire !

• Célébrer est un acte essentiel de l’existence chrétienne, mais un nombre croissant de communautés catholiques rurales sont en situation de carence liturgique. La Conférence a décidé de prendre à bras le corps cette préoccupation et a lancé en 2016, avec les Chrétiens en Monde Rural et les Fiches Dominicales, le chantier « Célébrer », pour soutenir ceux qui, dans le monde rural, souhaitent organiser des célébrations de la parole. C'est dans le cadre de ce chantier que des témoignages de célébrations dominicales animées par des laïcs sont désormais recueillis sur le site de la Conférence.

• La Conférence organise pour la deuxième année son Prix littéraire. Neuf « livres du mois » ont été sélectionnés depuis le début de l'année 2016 par le comité de lecture du Prix littéraire de la Conférence. D'autres suivront, pour qu'au mois de décembre 2016 la Conférence donne la parole aux baptisé-e-s qui éliront, parmi cette pré-sélection, l'auteur de l'ouvrage à qui le Prix littéraire de la Conférence sera décerné.

CCBF - 76 rue de la Verrerie - 75004 Paris